Nouvelle catastrophe humanitaire en Méditerranée – Urgence!

Question parlementaire urgente concernant l’opération «Triton» et les nouveaux drames de réfugiés dans la Méditerranée:

Suite à la mort de plus de 330 réfugiés dans la Méditerranée au courant de la seule journée d’hier nous interpellons d’urgence  Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes. L’urgence de la question parlementaire est motivée non suelement par l’aspect humanitaire de cette catastrophe, mais encore par le fait que la chargée de la politique extérieure de l’Union Européenne, Madame Federica Mogherini, compte réunir le Conseil des ministres des Affaires étrangères «dans les tout premiers jours», afin de délibérer de cette affaire.

Par question parlementaire no 670 du 3 novembre 2014, nous étions intervenus auprès de vous, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et européennes, afin de rendre attentif au fait que l’opération «Triton» mise en place par l’Union européenne et Frontex à partir du 1er novembre 2014 ne saura remplacer l’opération  «Mare Nostrum», opération militaire et humanitaire menée par la Marine militaire italienne depuis le 18 octobre 2013 visant à secourir en mer les immigrés clandestins et ceci jusqu’aux côtes libyennes. En mobilisant à cette fin en moyenne 900 soldats par jour, l’opération  «Mare Nostrum» a permis d’arrêter 351 passeurs et de secourir quelque 155.000 personnes en une année.

Dans notre missive du 3 novembre 2014, nous avions souligné que l’opération  «Triton» (dont le coût s’élève à 2,9 millions d’euros par mois, c’est-à-dire un tiers de ce que l’opération  «Mare Nostrum» coûta chaque mois à l’Italie) n’a pas du tout la même vocation que «Mare Nostrum». Contrairement à cette dernière, l’opération  «Triton» n’a pas de mission essentiellement humanitaire, mais se concentre plutôt, dans un rayon de 30 kilomètres, à la protection des frontières italiennes, ces faits ayant été confirmés dans votre réponse à notre question du 3 novembre 2014.

Malheureusement, la mort de plus de 330 réfugiés pendant la seule journée d’hier confirme toutes les craintes exprimés par des experts en la matière et dont nous nous avions fait le porte-parole dans notre question parlementaire évoquée ci-dessus (Gil Arias Fernandez, directeur exécutif de Frontex : «Triton ne répond pas aux besoins de milliers de migrants et de réfugiés, y compris ceux qui sont forcés de fuir les guerres et les persécutions au Moyen-Orient et en Afrique. L’idée qu’elle puisse remplacer Mare Nostrum pourrait avoir des conséquences catastrophiques et mortelles en Méditerranée»; Amnesty International incita l’Italie à poursuivre  «Mare Nostrum» «jusqu’à qu’il y ait un autre dispositif européen soutenu par d’autres pays européens et mieux équipé que Triton»; le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) avait exprimé sa  «vive préoccupation» face à la fin de l’opération militaire et maritime italienne.

En plus, il y a lieu de constater que la fin de l’opération «Mare Nostrum» et son remplacement par l’opération  «Triton» n’a pas permis de réduire, comme escompté, le nombre de personnes cherchant refuge en Europe, et en Italie en particulier, comme l’indique le Ministre de l’Intérieur italien, en évoquant que pendant le mois de janvier 2014, sous «Mare Nostrum», 3.300 réfugiés seraient arrivés en Italie, tandis que pendant le mois de janvier 2015, sous «Triton», il s’agirait de 3.700 personnes, ceci pour la simple raison «qu’aucune des guerres civiles ayant conduites à l’exode de masse en Syrie et en Afrique, n’ait été terminée entretemps et que devant la côte libyenne, d’où partent le plus grand nombre de réfugiés en mer, le chaos continue à régir.»

Dans votre réponse à nos questions du 3 novembre 2014, vous aviez constaté, tout en reconnaissant la vocation différente des deux missions, que «le destin de la mission «Mare Nostrum» ou des activités substitutives éventuelles, relève d’une décision nationale souveraine de l’Italie» et que «le Gouvernement du Luxembourg ne peut s’immiscer dans les affaires italiennes», mais «continue à s’engager pour le maintien d’un dispositif Triton efficace et durable, dans lequel la composante humanitaire occupera une place prépondérante. Dans cet ordre d’idées, le Gouvernement envisage de déployer des moyens luxembourgeois dans la mission  «Triton.»

Dans ce contexte, et vue la catastrophe humanitaire qui s’est produite hier et qui risque de se reproduire tous les jours, nous aimerions vous poser les questions urgentes suivantes:

1) Êtes-vous d’accord pour constater que la mission humanitaire de l’opération «Mare Nostrum» devrait être reprise d’urgence par tous les moyens possibles, ceci afin de sauver le maximum de vies humaines? Dans l’affirmative, comment, avec quels moyens et dans quels délais ceci pourrait-il se faire?

2) Êtes-vous d’accord pour intervenir au Conseil européen afin que les moyens financiers nécessaires à cette fin soient mis à disposition de l’Italie, ou bien que l’Union européenne prenne directement en charge cette mission humanitaire urgente?

Veuillez croire, Monsieur le Président, à l’expression de nos sentiments respectueux.

Justin Turpel,
Serge Urbany,
Députés

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